Photographier la ville par sa terre
La latérite est une terre qui durcit à l'air. Elle a servi à bâtir, elle a été excavée, tassée, recouverte de bitume — et elle ressort partout, sur les chaussures, sur les murs, dans la lumière de quinze heures.
Latéritiques part de ce constat matériel pour poser une question urbaine : qu'est-ce que la ville de Yaoundé nous dit d'elle-même quand on la regarde à hauteur de trottoir, de seuil et de caniveau ?
Le projet est structuré en neuf rubriques. Chacune est un protocole : un périmètre, une question, une liste de choses à observer. Il ne s'agit pas de constituer un beau recueil d'images, mais un corpus utilisable — par les habitants, les architectes, les chercheurs et les décideurs qui travaillent sur cette ville.
Nous photographions en argentique et en numérique, sans mise en scène, avec une préférence pour la lumière franche de fin d'après-midi qui révèle le relief et le grain des matériaux.
Porteur du projet
L'Atelier des Idées
Structure de recherche et de création basée à Yaoundé, travaillant sur la fabrique ordinaire de la ville.
Cinq principes de terrain
Marcher avant de photographier
Aucune image n'est faite au premier passage. On arpente, on note, on revient. Le cadre vient après la compréhension du lieu.
La rue n'est pas un décor
Les personnes photographiées sont des habitants, pas des motifs. Le consentement, le nom et le contexte comptent autant que la lumière.
Documenter la contrainte
La pente, l'eau, la chaleur et l'inachevé ne sont pas des accidents : ce sont les forces qui produisent la forme de la ville.
Refuser le pittoresque
Ni misère esthétisée, ni afro-optimisme publicitaire. On cherche la description juste, pas l'effet.
Rendre le travail au quartier
Chaque série revient là où elle a été faite : projection, tirage, discussion. L'archive n'a de sens que partagée.